PORTRAIT

Hervé Lacôte : l'amour du métier mais pas que...
Candidat de la 14ème édition de l'Amour est dans le pré, Hervé Lacôte, éleveur-naisseur de charolais à Montagny s'est confié à Paysans de la Loire, juste avant la diffusion sur M6, ce lundi 26 août, du lancement de la saison.

Hervé Lacôte est installé à Montagny sur la ferme familiale depuis 1990.

« La journée, j'étais occupé avec le boulot, ça pouvait aller. Mais après, les veillées étaient longues. Quand on commence à parler tout seul avec son chien, il faut commencer à s'inquiéter. » Hervé conserve son sens de l'humour et sa volubilité même si le sujet est sensible. A 47 ans, il considérait avoir bien réussi sa vie professionnelle. Installé en 1990, le Montagnard a largement développé l'exploitation familiale. Il a d'abord fait le choix d'abandonner le troupeau laitier qui aurait nécessité des investissements importants pour se concentrer sur l'élevage allaitant. « J'ai commencé avec 17 bêtes et 40 hectares, j'en ai aujourd'hui 90 sur 110 hectares », résume-t-il, dans un système très herbager (foin, enrubannage) avec seulement 4 ou 5 hectares de céréales. Il y a une huitaine d'années, il a investi dans une nouvelle stabulation pour se faciliter le travail.


Il élève les veaux sous la mère jusqu'à 6/8 mois et vend laitonnes et broutards en maigre à l'export (Italie, Espagne, Maghreb), via son marchand de bestiaux de Noirétable. L'éleveur a fait le choix de la monte naturelle avec quatre taureaux provenant d'élevage de haute qualité génétique et avec une orientation prononcée pour le sans corne (deux taureaux). Les vêlages s'étalent de fin décembre jusqu'à mai. Il conserve 22 animaux pour le renouvellement, sélectionnés sur les qualités de bassin et de viande.

Sécheresse du cœur

Comme les collègues, il constate des coûts d'alimentation qui grimpent, pioche dans les stocks et assiste impuissant aux conséquences de la sécheresse. « J'achète de plus en plus de fourrages à l'extérieur, regrette-t-il. J'ai creusé un étang cet hiver. C'est la première fois que je promène de l'eau. » A côté de son activité d'élevage, il a développé un complément d'activité : le débroussaillage qu'il assure auprès de deux collectivités et des particuliers.


Mais malgré cette vie professionnelle bien remplie, Hervé Lacôte ne se sentait pas pleinement heureux. Trop seul... Après une expérience en couple malheureuse, il est resté trois ans célibataire. Un sujet un peu tabou dans le monde agricole. « J'ai essayé de rencontrer des filles dans des boites de nuit, mais quand on commence à dire qu'on est agriculteur, les discussions tournent court, remarque-t-il. Je n'ai pas écumé les sites de rencontre sur Internet, je ne trouve pas ça très sain. » C'est finalement sa filleule qui a écrit à l'émission phare de M6. « Une dizaine de jours après, j'ai reçu un coup de fil. Est-ce que je serai critiqué ou pas critiqué ? Je n'ai pas trop voulu réfléchir, je me suis lancé, j'ai dit oui. »

Projets à deux

Aujourd'hui, avec sa nouvelle compagne, il nourrit de nombreux projets. Violaine a quitté sa Bourgogne et son travail dans un centre pour handicapés pour retrouver Hervé. A Montagny, elle conduit déjà le tracteur avec habileté, participe aux travaux de fenaison ou de nettoyage de la stabulation. Pour cette fille de salarié agricole, la vie dans un élevage n'est pas tout à fait une nouveauté, mais elle s'apprête à franchir un cap.


Elle rencontrera en septembre les organismes agricoles pour étudier les hypothèses d'installation. Conjoint collaborateur ? Système sociétaire ? Formation ? Nouvel atelier ? Le champ des possibles est ouvert. L'exploitation devrait connaître une seconde jeunesse. Mais promis, il n'y a pas que le boulot dans la vie. Après quelques jours dans le Jura, le couple s'apprête à partir une semaine près de Nantes. Des enfants, le mariage... Hervé et Violaine y pensent fort. A l'abri des caméras, ils filent un bonheur sans ombre.

David Bessenay