Numérique

Le Web, une révolution aussi puissante que l’invention de l’imprimerie
En 2018, on compte 1,9 milliard de sites Internet pour 4,4 milliards d’utilisateurs dans le monde. Cette technologie a profondément modifié nos façons de communiquer, de s’informer, de travailler … L’agriculture n’échappe pas au phénomène, avec aujourd’hui 8 agriculteurs sur 10 qui utilisent Internet pour leur activité.

En 2019, plus de huit agriculteurs sur dix utilisent Internet pour leur activité et six sur dix se connectent au moins une fois par jour.

Aujourd’hui, le web et internet sont des synonymes dans le langage courant, alors qu’ils désignent deux choses différentes. Pour simplifier, on peut considérer qu’internet correspond aux tuyaux permettant aux flux de données de se déplacer. Ces tuyaux sont utilisés par différentes applications dont le web, mais aussi les emails, le FTP, le peer-to-peer… des « services » qui utilisent les câbles et autres serveurs d’internet pour être accessibles partout où l’on peut se connecter. Les premières bases d’internet furent posées dans les années 1960 et 1970 au sein d’une agence de défense américaine avec la volonté d’interconnecter différents réseaux, puis par les universités américaines et françaises pour échanger des informations. L’email est né assez rapidement en 1965.

 

Avec Internet, il s’agissait - et s’agit toujours - d’un « inter-réseau » ou réseau de réseaux offrant une connexion entre différents ensembles d’ordinateurs permettant d’échanger des données et des messages. Les pages Web sur lesquels nous surfons aujourd’hui n’existaient pas et, pour une bonne raison, le langage HTML et le protocole d’échange entre ordinateurs connu sous le nom de « HTTP » n’existaient pas. Ils ont été inventés il y a 30 ans par Tim Berners-Lee, un physicien britannique du Cern (Laboratoire européen pour la recherche nucléaire), en Suisse en 1989, pour permettre d’accéder à distance à des fichiers via des liens hypertextes.

 

C’est l’invention du langage HTML et du protocole HTTP qui ont permis l’émergence du World Wide Web (www), littéralement, de l’immense toile mondiale. Le premier site web est mis en ligne en 1991. Deux ans plus tard, le Cern place les éléments nécessaires pour créer des sites Web sous licence libre, n’importe qui peut alors installer les éléments et héberger son site. De 130 sites en 1993, le Web s’enrichit à grande vitesse pour atteindre le million de sites en 1997. On en compte 1,9 milliard en 2018 pour 4,4 milliards d’utilisateurs dans le monde. Le Web a aujourd’hui supplanté ou intégré les autres « services » liés à Internet. Ainsi, on accède à ses mails ou on échange des gros fichiers via un navigateur Web. Avec l’Internet mobile, le Web a cédé un peu de terrain aux applications, qui sont des logiciels installés sur un appareil mobile, contrairement au Web app, qui sont des sites Web adaptés aux formats des appareils mobiles.

Le Web accompagne la révolution de l’agriculture

Au cours du XXe siècle, l’agriculture a connu une mutation extraordinaire passant de 78 % des actifs à moins de 1 %, en France, estime Hervé Pillaud, agriculteur en Vendée et auteur de l’Agrinumericus, le Web est dans le pré. Depuis le début du XXIe siècle et l’essor des sites Web, « le Web accompagne la révolution de l’agriculture, et il va nous amener à passer d’une agriculture d’intrants à une agriculture de la connaissance. Le Web permet d’agréger les connaissances et de les rendre accessibles facilement », explique Hervé Pillaud.


Une étude de BVA pour Groupama, réalisée en février 2019, montre l’importance du Web et d’Internet dans le quotidien des agriculteurs. En 2019, plus de 8 agriculteurs sur 10 utilisent internet pour leur activité et près de 6 sur 10 se connectent au moins une fois par jour. Le Web a révolutionné l’accès à l’information. Un exemple simple est la météo qui est devenue très facilement accessible avec une précision de plus en plus forte. Ceux qui sont nés avant 1980 se souviennent des autres solutions, moins pratiques et réactives, qui permettaient d’accéder à la météo : le journal, la radio ou bien, dans les années 1990, le minitel. En quelques clics, depuis un smartphone ou un ordinateur, on peut avoir accès à la météo dans l’heure, pour la journée, les tendances des jours suivants jusqu’à 10-12 jours.

En mutation constate

L’étude BVA montre également que si 80 % des agriculteurs utilisent un ordinateur pour accéder à des sites Web, ils sont déjà 50 % à le faire depuis un smartphone et 25 % avec une tablette. L’Internet mobile est devenu depuis 2016 l’usage majoritaire du Web. À l’échelle globale, les connexions au Web sont maintenant plus nombreuses via des appareils mobiles que des ordinateurs, même si le temps passé reste plus important via les ordinateurs.


Pour l’agriculture, le Web rend de multiples services. Il permet aux agriculteurs d’avoir un lien avec les consommateurs et les citoyens beaucoup plus direct via les réseaux sociaux. Il leur donne un accès au marché via les sites d’e-commerce et génère de nouveaux usages. « Le Web est à l’origine de quantité d’innovations, en hardware, logiciels, robotiques, poursuit Hervé Pillaud. L’agriculture est fortement impactée par le smartagri, les objets intelligents au service de la connaissance. » Il n’y a pas un jour ou presque où une nouvelle application, un nouvel objet, un nouvel usage est proposé par des acteurs de monde agricole ou des start-up. Le Web a démocratisé l’usage d’Internet, il est maintenant au coeur de la révolution numérique. « L’information est fondamentalement modifiée par le Web dans la façon de la stocker ou de l’analyser, conclut Hervé Pillaud. C’est la force du big data et cela va encore profondément modifier l’agriculture dans les prochaines années. »

Camille Peyrache
Dossier complet à retrouver dans notre édition papier datée du 3 mai 2019
Mots clés : AGRICULTURE INFORMATIQUE HERVÉ PILLAUD WEB EMAIL