AMOMA

Deux nouveaux officiers du mérite agricole dans la Loire
L'association des membres de l'ordre du mérite agricole (Amoma) de la Loire a décerné deux nouvelles médailles à l'occasion de son assemblée générale du vendredi 3 mai à Essertines-en-Chatelneuf.

Les deux récipiendaires, Henri Meunier et Claude Giraud, avec leur épouse et leur parrain.

Une médaille, ça se mérite. Pour assister à la cérémonie, il fallait emprunter la jolie route en lacets, la bien nommée « route des rallyes », qui arrive jusqu'à Essertines-en-Chatelneuf, lieu choisi, après La Gimond en 2018, pour accueillir l'assemblée générale de l'Amoma. A cette occasion, deux personnalités connues et appréciées dans le monde rural ligérien ont obtenu le grade d'officier du mérite agricole.

L'émotion d'Henri Meunier

Le premier insigne a été remis à Henri Meunier, le maire de la localité, un homme dévoué au sein de la profession agricole. Il fut successivement en charge du syndicat local, de celui des producteurs de pommes de terre, de deux Cuma, de la caisse locale de Groupama puis, à partir de 2000 et dans un contexte difficile, de la coopérative CBA (blé et approvisionnement) devenue depuis Eurea. Pour autant, c'est avec beaucoup de modestie, mais également d'émotion, qu'il accueillait cette légitime récompense et acceptait de revenir sur « sa vie bien remplie ». La retraite n'a pas mis fin à ses responsabilités, il est maire d'Essertines en Chatelneuf depuis 2001. Le président de l'Amoma, Claude Chaut, qui a été son parrain lors de cette cérémonie, insistait aussi sur l'exploitation « modèle » qu'Henri Meunier avait su transmettre à son fils.

La longévité de Claude Giraud

Le second médaillé est également un premier édile, en l'occurrence celui de Montrond-les-Bains, Claude Giraud. Sa médaille lui a été remise par Léon Chavant, ancien directeur du contrôle laitier. Le récipiendaire a tenu à rappeler qu'il était fils d'agriculteur, « mais j'ai dû quitter l'exploitation familiale car nous étions six frères et sœurs ». Il a d'abord été salarié chez un négociant en grain avant d'intégrer CBA, jusqu'en 1996. « Je suis parti plus tôt pour me consacrer à la fonction de maire. » Il termine actuellement son cinquième mandat dans la ville thermale.


L'association compte 129 adhérents (dont 35 dames) : 8 commandeurs, 37 officiers et 83 chevaliers, « mais beaucoup de gens médaillés n'adhèrent pas à notre association », regrettait le président. Il signalait par ailleurs que le contingent des récompenses avait été divisé par deux. Claude Chaut espère néanmoins pouvoir remettre prochainement des insignes de commandeur. « Nous en avons fait la demande, nous n'en avons pas obtenu depuis trois ou quatre ans », a-t-il fait remarquer.


Parmi les projets de l'Amoma, après Vichy l'an passé, c'est en Haute-Loire que conduira le voyage annuel de l'association au mois de septembre. Le but est de visiter le champ d'éoliennes de la commune d'Ally-Mercoeur et ainsi de s'intéresser à la problématique des énergies renouvelables. A noter enfin que Patrick Breyton, ancien directeur de la FDSEA, a fait son entrée parmi les administrateurs de l'Amoma, en lieu et place de Jean-Baptiste Giraud. Le président Chaut donnait déjà rendez-vous pour l'assemblée générale 2020 qui se tiendra dans le Roannais.

David Bessenay

 

A la mémoire des Poilus de la Loire

L'historien, spécialiste de la Grande Guerre, Pascal Chambon.
Quelques mois après les célébrations du centenaire de l'armistice de 1918, l'Amoma avait, en quelque sorte, décidé de poursuivre l'hommage en demandant au professeur Pascal Chambon, enseignant à Montbrison, historien et auteur de nombreux ouvrages érudits (1), d'intervenir à l'occasion de l'assemblée générale. Il a ainsi présenté le parcours malheureux de plusieurs poilus ligériens durant la première guerre mondiale, lui qui s'est rendu sur les lieux des combats (Aisne, Oise, Somme, Meuse, etc.) à de multiples reprises. Il est notamment revenu sur le cas des Martyrs de Vingré, six malheureux fusillés pour l'exemple, alors qu'ils s'étaient simplement repliés suite à une offensive ennemie. Parmi les six malheureux, deux étaient des ligériens.
Et tout au long de ces quatre années de combats, les noms défilent : Joannès Maugy près de Saint-Dié, André Blanchet à Confrécourt ou Joseph Chipier le « soldat cycliste », parmi tant d'autres destins brisés...Beaucoup de corps sont restés sur le champ de bataille, d'autres ont eu droit à une sépulture. Pascal Chambon relevait aussi l'existence au cimetière de Montbrison d'un carré militaire accueillant des poilus morts à l'hôpital de la ville.
(1) : Notamment deux ouvrages sur la première guerre mondiale : Soldats de la Loire, des conscrits aux Poilus en 2007, et Le Poilu photographe, un Stéphanois dans les tranchées de Picardie en 2009.

 

Mots clés : ASSEMBLÉE GÉNÉRALE AMOMA CLAUDE CHAUT ESSERTINES-EN-CHATELNEUF HENRI MEUNIER CLAUDE GIRAUD