Publié le 24/12/2019 à 08:35 / Talluto Franck

Election MSA

Un vote pour faire vivre le mutualisme
Parmi les trois principaux régimes de sécurité sociale (régime général, régime social des indépendants et régime agricole), la Mutualité sociale agricole (MSA) est la seule à élire ses représentants. Cette singularité renforce la proximité. En Ardèche-Drôme- Loire, plus de 74 000 électeurs éliront en janvier 489 délégués.

« Etre mutualiste, ce n’est pas ringard, bien au contraire », affirme avec force Henry Jouve, président de la MSA Ardèche-Drôme-Loire. Il incite tous les ressortissants de la MSA à voter lors des élections de janvier.

Expliquez-nous l'originalité du réseau mutualiste de la caisse.

Henry Jouve, président de la MSA Ardèche-Drôme-Loire : « Le réseau MSA est composé de délégués élus, c'est ce qui fait son originalité. C'est le seul organisme de protection sociale dans lequel les délégués sont élus par des ressortissants. C'est une véritable singularité du régime agricole auquel nous tenons beaucoup. Sur notre caisse Ardèche-Drôme-Loire, plus de 74 000 électeurs seront appelés, en janvier prochain, à élire 489 délégués dans les trois collèges : celui des exploitants agricoles (collège 1), celui des salariés de la production et des organisations agricoles (collège 2) et celui des employeurs de main-d'oeuvre agricole (collège 3). Les candidatures ont été déposées et les délégués seront ainsi désignés par les ressortissants de la caisse pluridépartementale. »

Quel est le rôle de ces délégués ?

H. J. : « Le délégué est un relais entre la réalité d'un désir de protection sociale sur le terrain et les instances dirigeantes et décisionnelles de leur caisse de MSA. Avec une caisse sur trois départements, les délégués nous permettent d'assurer une protection sociale efficace jusqu'au dernier kilomètre. Et le dernier kilomètre, qui est une vraie question d'actualité, c'est le délégué du fin fond de l'Ardèche, de la Drôme ou de la Loire qui accepte, en étant candidat, d'être le réceptacle et le relais des questions d'ordre social en termes de santé, vieillesse, prestations familiales, logement. »

En 2019, les agriculteurs ardéchois, drômois et ligériens ont subi d'importants sinistres climatiques. Dans pareil contexte, en quoi ce réseau de délégués est-il utile ?

H. J. : « Notre réseau de délégués a une vraie légitimité pour désigner les représentants de la profession ou des filières sinistrées qui siègeront dans une instance de la MSA telle que la commission d'accompagnement des crises. Sur la base de critères sociaux (nombre d'enfants, situation du ménage, des parents, problèmes sanitaires, etc.), un montant de prise en charge de la protection sociale est déterminé. Le tout est ensuite validé par la Commission départementale d'orientation agricole (CDOA), organe consultatif qui donne son avis au préfet. »

Le réseau des délégués sera renouvelé en janvier 2020, lors des élections MSA. Aux agriculteurs qui seraient tentés de ne pas aller voter, que leur dites-vous ?

H. J. : « Quand on est Français, on a la chance de bénéficier d'une protection sociale. Les pouvoirs publics la financent en partie mais les intéressés aussi au travers de leurs cotisations sociales pour la santé, la famille et la vieillesse. Qu'on le veuille ou non, il n'y a pas d'autres possibilités que le mutualisme pour financer la protection sociale. On ne va pas laisser cela à la main terrifiante du capitalisme. Payer des cotisations n'est jamais agréable mais il faut bien voir tout ce que l'on reçoit en termes de prestations familiales, de remboursements maladie et de retraites (même si le niveau de ces dernières est encore trop faible pour les agriculteurs). S'ajoutent les actions sociales de la MSA sur les territoires : celles à destination des différents publics (anciens, familles, petite enfance) ou encore la mise en oeuvre d'une offre de soins pour lutter contre les déserts médicaux... Les ressortissants de la MSA doivent donc aller voter pour défendre leur régime de protection sociale et leur réseau mutualiste. Etre mutualiste, ce n'est pas ringard, bien au contraire. C'est un concept moderne. L'expression de la valeur mutualiste se fait au travers du vote. »

Propos recueillis par Christophe Ledoux
Dossier complet à retrouver dans notre édition papier datée du 20 décembre 2019
Mots clés : HENRY JOUVE MSA ARDÈCHE-DRÔME-LOIRE JANVIER 2020 ÉLECTION MSA